Saturday, April 7, 2007
Nouveau blog
Je déménage encore.
Mais ça devrait être la dernière fois : http://mecreante.blogspot.com/
»12:18 AM »Write comment
Posted by: alexie in: Présent
Dérive
Je ne me souviens plus comment appeller les amis ne conçois plus l'urgence de les détenir les retenir
Enterrée quelque part — l'urgence — ne se traduit que par des éruptions très localisées
Dont le reste de moi peut faire abstraction
Il me dégoûte de coller cette bête froide et pourtant remuante et pourtant visqueuse — le téléphonne — à mon oreille
J'en perds perds tout réflexe vital toute parole mon coeur ralentit ma respiration s'abrège ma peau pâlit
Mon sang ne circule plus et ce n'est pas triste
Ce n'est pas triste je suis moins que triste
Mon divan est un bateau gonflable qui ne fuit pas
»2:48 AM »Write comment
Posted by: alexie in: Présent
Tuesday, April 3, 2007
Dégel
J'ai confondu un réacteur
Avec le tonnerre
Qui traversait le ciel
Et j'ai perdu
J'ai perdu la mémoire
Perdu mon nom mes cartes
Mes clefs mon chemin
C'est ainsi quand je commence à perdre
La pluie
Fait tout fondre
Dénude la terre
Fait tomber la nuit
Plus tôt
Sans raison ni lumière
Je me laisse toucher
...
Du bout de l'index
Je trace des signes
Sur le sol
Durci recroquevillé
Sous le printemps
Je déplace
Des petites pierres
Et des plus petites
Mais ne parviens
À attaquer la terre
Il faudra du temps
Avant que je n'arrache
À mes mains des mots
Des gemmes aux sol
À ma poitrine
Quelque limpide sentiment
...
Sans raison ni lumière
J'écoute les mésanges
J'ai vu des crocus
Je souris
De temps en temps
»2:33 PM »2 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Wednesday, March 28, 2007
Marcher dans mon pays après la vague adéquiste
Est-ce que je vois quelque chose de différent ?
Quelque chose a changé ?
J'apperçois des signes quelconques de naufrage, de cataclysme ?
Non.
L'appocalypse va attendre encore un peu, et peut-être un peu plus.
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»1:43 PM »2 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Saturday, March 24, 2007
Une promenade
J'ai pris une longue marche.
En fait, j'ai d'abord pris l'autobus, qui m'a dompée au métro Frontenac.
J'ai acheté des brioches aux raisins à la pâtisserie polonaise.
J'ai marché sur Ontario, je suis passée devant le café Touski, puis devant le temple bouddhiste.
Je devrai passer plus souvent ce printemps, devant le temple.
Ils ont un magnolia.
Les magnolias fleurissent tôt au printemps, alors qu'aucun autre arbre n'a envisagé renaître.
Les fleurs ont l'air en plastique tellement leur rose tendre et leur blancs est inimaginable, à côté des dernières plaques de neige.
Je ne connais qu'un magnolia au Québec, et il se trouve devant le temple bouddhiste de la rue Ontario.
J'entrerais bien au temple, ne serait-ce que pour leur demander quel bouddhisme excatement ils pratiquent.
Puis j'ai traversé le parc des Faubourgs.
J'ai regardé la magnique église qui me semble romaine, quoique mes compétences limitées en architechture remontent à un soporifique cours d'histoire de l'art, suivi en 2001, au Cégep.
Elle n'a pas de clocher et n'a pas non plus la délicatesse d'églises, même très grandes, que j'ai visitées à la campagne.
Elle est carrée, massive, n'a pas de clocher.
Le parc, emménagé il y a seulement quelques années, lui fait l'esplanade qu'elle n'a jamais eue.
Dans le parc, tournant le dos à l'échangeur qui mène sur le pont, il y a aussi un petit agora assez saugrenu où je verrais bien les paumés les drogués et les drags de Centre-Sud interpréter une Comedia del'arte moderne.
Je me suis souvenue des marches que je prenais de mon appartement rue Cartier jusqu'à Hochelaga-Maisoneuve et du somme ou de la demie-heure de lecture que je m'offrais avant de rentrer.
Puis j'ai marché devant l'appartement en question, ça ne m'a pas fait grand chose.
Je passais surtout par là pour avoir le plaisir de refaire le trajet que j'empruntais l'an dernier pour me rendre au vieux Montréal.
Par ce qui est parfois une rue et parfois une ruelle et qui porte le nom de Sainte-Rose.
J'ai fumé une cigarette sous Denis Vanier.
Je me suis sentie infiniment fatiguée.
J'ai continué ma route par ce réseau de ruelles pavées et de petits parcs qui s'étend, entre René-Lévesque et Sainte-Catherine, entre Cartier et Plessis.
Je me suis encore étonnée de la présence d'un absurde carré de sable sous un beau conifère ornemental aux allures de gros bonsaï, qui pique beaucoup.
Quelle mère laisserait son enfant déterrer les seringues que les bums laissent dans cette terre ?
J'ai pris René-Lévesque jusqu'à Amherst, Amherst jusqu'à La Gauchetière, La Gauchetière jusqu'à Saint-Hubert, Saint-Hubert jusqu'à Viger.
Je suis restée sur Viger pour un gros pâté de maison et je me suis engagée dans un autre haut lieu de la clochardise, le Square Viger, dont, enfant, j'aurais aimé la conception, les arches de béton, les immenses bancs et les centaines de petites marches.
Métro Champ-de-mars, Hôtel de Ville, Palais de justice, vue panoramique sur le Centre-Ville, fontaine désafectée pour l'hiver, puis Vieux-Montréal que j'ai trop vu pour ne pas le voir tel qu'il est, c'est à dire une vaste mise en scène.
Je n'avais plus de jambes, je me suis levée trop tôt, huit heures, et je n'ai pas encore mangé ma brioche.
J'ai envie de me rendormir.
»4:00 PM »Write comment
Posted by: alexie in: Présent
Wednesday, March 21, 2007
Poème écrit d'un jet (poème chié)
Mon mal ne mérite pas son nom
De mal
Il est chaleur et froid
Terreur et tendresse
Expiration et caillou dans mes poumons
Il s'annule
Pourtant il existe
Se crée en dispraissant
Et moi avec
J'explose et je fond
M'agglutine me cristalise
Je suis répandue par le vent
Un grain de sable
Contre les autres
Qui les blesse et se blesse
Je suis tous les grains de sable
Et l'air
Et j'hésite
Je garde le silence
Mais je m'entends
À chaque pas je m'entends
Je me souffle les mots à copier
Et ma voix ailleurs plus loin
Crie et pleure
Je suis tout un coeur
Et l'auditorium
Et l'auditoire
J'ai un toit cathédrale
Et des étoiles
Peintes sur ma voute
Des rangées de fidèles qui se plaignent
Des employés qui recyclent mes larmes
»1:18 PM »3 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Modified on March 22, 2007 at 12:08 AM Friday, March 9, 2007
Café Pagode
Il y a un petit hotel bouddhiste au dessus de la porte de la cuisine, une figurine à la peinture dorée, une plante, une seule tige, l'air étiolée, une orange dans les airs `laquelle personne ne touche, un oranger plastique dans un pot de terre cuite. Il y a de la céramique rouge sur les murs et une frise d'éléphants, au plafond un ventilateur `trois pales de chez Rona et trois mobiles aux couleurs primaires, et or. Il y a au sommet d'une étagère un voilier dans une bouteille sans bouteille. Il y a deux choix d'entrée, deux choix de repas et deux choix de desserts, du thé, du café, un client régulier qui zozote, qui rit d'une voix de curé, il y a des clients sur leur départ et des rideaux de dentelle trop blanche comme chez ma grand-mère. Il y a du ketchup sur ma table, une poivrière en forme d'obus, et des napperons de papier journal écrit « restaurant » comme on en verra plus dans dix ans. Il y a, ça ferme, une serveuse qui aligne des tables et un silence qui revient du matin.
»1:06 AM »2 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Saturday, February 17, 2007
Mur de dentelle
Un mur de dentelle et des auvents qui se battent assistent ma fuite hors des atriums, loin des champs de feuilles de plastique, de feuilles de papier, car il est nécessaire de se préserver des serpents de phrases qui s'insinuent entre toutes les pattes et toutes les pattes de chaises, de rejoindre en plein jour les insignes vulgaires et les bruits des tambours de métal, les camions à ordures.
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»7:05 AM »3 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Modified on February 17, 2007 at 7:12 AM Thursday, February 15, 2007
D'abord trouve-moi
Brise mon masque
Mes larmes de glace
Mes larmes de froid
Allume un feu
Tout près de la porte
Je ne sortirai plus
Sans bouée je crains
Le nord mouvant
Le sol aimant
Et les oiseaux revenus
Qui décomposent
Les haies mortes
Pour de vieilles baies
Qui ressemblent
À un filet de poissons
Parmi les flocons de neige
Je suis innateignable
Même si je tousse
»1:17 AM »Write comment
Posted by: alexie in: Présent
Friday, February 9, 2007
Se tapir
Demande à la ville si ses délires sont réels ou causés par la rangée de lampions allumés
Ou au vent s'il aurait envie d'arracher ta peau comme l'eau caresse les pierres pendant des siècles
Aux briques si quiconque s'intéresse à tes cuisses que la condensation sur la vitrine rend un peu floues
Ta loquacité ta curiosité étant chaque jour un peu plus fulgurantes et plus brèves
Chacun de tes pas étant plus dur que le précédent
Et toi plus apesante
Plus invisble
»6:25 AM »1 comments (0
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Posted by: alexie in: Présent
Modified on February 10, 2007 at 12:08 AM Next page >>