Déménagement
Après trois ans d'occupation, je mets les clefs dans la porte.
Cet endroit ne servira plus que d’archives. Les outils sur platform27 sont de plus en plus désuets.
Je vais poursuivre mon activité bloguesque à cette adresse :
www.le-mercenaire.blogspot.com
Vous viendrez faire un tour dans mes nouveaux locaux.
- »Permalink
- Write comment
- Posted by:HellRider
- in:Journal de production
Phylactère
Trop de choses à écrire. Trop d’histoires qui me traversent la tête. Trop de projets en cours. Trop d’idées qui me hantent. Trop de culs à botter. Trop d’images. Trop de souvenirs. Trop de couleurs. Un surplus d’existence qui surnage continuellement à la surface du mélange qui bouillonne. L’impression de me corroder trop vite; à chaque heure, l’impression d’en brûler deux, à chaque jour, l’impression de voir couler une semaine, à chaque année l’impression d’en voir flamber trois. La chair a ses limites mais pas l’éternité. À chaque seconde, des galaxies de cellules abdiquent. Comment vais-je me rendre à la fin? Aucun déluge et c’est déjà l’inondation.
*
Le lendemain soir suivant la rédaction de cette note, je lui découvre transcendante réponse:
http://www.youtube.com/watch?v=lifKUAVKBGU
*
Ah ouais, et Blind Guardian cite Marcel Proust sans même le savoir:
«I've gone beyond the truth and it's just another lie.»
-Mordred's Song
- »Permalink
- Write comment
- Posted by:HellRider
- in:États d'âme
À lire
Je renoue avec le feuilleton. Je démarre ici une fiction épistolaire qui se déroulera comme bon me semble. Ça se voudra un endroit de brainstor, de notes, d’impressions pour une plus grosse histoire qui me trotte dans la tête mais qui manque de mots. Ça se nomme le jardin aux eaux mortes (voir note du 22/09/08 ) Avis aux intéressés.

- »Permalink
- 1 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
Carte des vins II
Ça faisait un moment que je ne m'étais pas accoté à un bar avec Ed. Nous nous sommes accrochés à son lieu de travail pour se remplir le coffre de rousse. Il en a d'ailleurs profité pour me maudire! en primeur. Nous avons parlé de beaucoup de trucs. Il a entre autre réitéré son appréciation concernant ma note d'avril Carte des vins (l'été a passé si vite, j'ai l'impression de l'avoir rédigée hier). Ça m'a donné le goût d'écrire une autre note là-dessus.
Je vous présente donc cinq modestes coups de cœurs :
Personnellement, je ne suis pas un partisan des vins blancs qui sont ronds & gras. Je préfère ceux qui sont vifs, qui sont francs, comme de l'acier.
E.Q. Matetic, Vallée de San Antonio, Chili, Sauvignon blanc 2007
Si vous voulez essayer un blanc dans l'agro-bio, c'est votre bouteille. Bien fait, coupant sans être sulfurique, voilà tout ce qu'on exige d'un sauvignon blanc. Démaquillé de toute caricature, ce vin-là est une belle proposition de ce que devrait être un produit du nouveau monde.
Coulée de Saint-Cyr, Domaine Saint-Just, Saumur 2007
Vous faites du poisson? Armez-vous de cette bouteille-là. C'est à déguster à deux. Pourquoi? Parce qu'à quatre, elle sera bue bien trop vite; parce que de son goulot jusqu'à son cul, cette bouteille vous aura conduits à travers plusieurs strates de complexité. La première gorgée sera vive et poignante; la toute dernière longue, interminable presque.
Mes rouges favoris proviennent du Languedoc-Roussillon, région du sud de la France qui n'est pas étouffée par la rigueur d'appellations contrôlées qui remontent presque jusqu'au Moyen-Âge.
Je vous en donne deux qui valent franchement la peine.
Mas de la Dévèze 66, Côtes du Roussillon-Villages Tautavel, 2006
Bout de cigare, morceau de ceinture brûlée par le soleil, bleuets trop mûrs... À boire impérativement avec un copieux repas de viande rouge. Laissez la bouteille respirer comme il faut avant de l'entamer, son vin n'en sera que meilleur.
La Bergerie de l'Hortus, Pic Saint-Loup, Coteaux du Languedoc, 2007
Les Pics Saint-Loup sont des vins exigeants. Leur couleur opaque et l'impression sirupeuse qu'ils donnent à l'œil font penser à du porto. Dans la bouche, c'est du fruit noir épais, profond, épicé parfois. C'est un vin de fin de repas parce qu'il a tellement de caractère, qu'il éclipserait presque tout ce qui se boirait après lui (exceptées les bouteilles de sciures de 2 X 4 Américaines, Sud-Américaines, Australiennes et Sud-Africaines).
Clos de la Procure, Dupéré-Barrera, Côtes de Provence 2007
Les Côtes de Provence sont voisines du Languedoc-Roussillon. Incidemment, elles utilisent des raisins semblables. Dans cette bouteille on retrouve entre autres deux de mes cépages préférés, soit le Cinsault et le Carignan (qui sont d'ailleurs utilisés pour faire les impitoyables Cabardès). Du fruit et du soleil, mais du corps aussi, voire de la chaire.
- »Permalink
- 1 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
More news from nowhere
On peut accompagner ses potes dans les cocktails & les cabarets littéraires avec les plus belles intentions. Mais faire de cette activité une habitude provoque un effet inattendu. Tremper dans ce genre de soirée - dans ce genre d'écumoire - finit par hacher toute initiative d'écriture, écarte du vrai travail. Et à force de patauger dans le créma nauséabond qui surnage à la surface de tout milieu, on finit aussi par se décourager, par haïr le milieu (même s'il ne nous a rien fait : c'est nous qui l'avons enjolivé), par se dire que tout est partout pareil, que c'est pourri de l'intérieur, que c'est de la merde en canne.
Voilà pourquoi il faut se la fermer et se retrancher; il faut cesser d'aller veiller et rester bien assis à sa table de travail; il faut oublier la mécanique littéraire, oublier le récit qu'on veut écrire, s'en foutre, faire autre chose, arrêter d'exister sous un seul soleil. Ne pas être publier, ne pas être écrivain, ne pas être original, c'est possible et ce n'est pas grave. Mais ne pas être, c'est impossible.
Il faut abandonner tout ça. Peut-être seulement là, l'écriture se fera sincèrement.
- »Permalink
- 5 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:États d'âme
Carte des vins
Je ne suis pas et ne compte pas être subventionné. Pour subvenir à mes besoins financiers, je travaille, comme de nombreuses personnes. Mais à l'instar de nombreuses personnes, j'aime mon boulot. Vraiment. Sans sarcasme.
Car si je suis capable de monter des livres, je suis aussi capable de jouer au restaurant. Je suis rarement intervenu sur cette facette de mon travail et je vais intervenir rarement.
Mais pressentant la belle saison revenir, j'ai envie de vous dévoiler une des facettes de mon boulot et je vous propose mon petit palmarès de bouteilles de vin intéressantes à boire tout en massacrant le cliché qui veut que seul le vin trop cher soit bon. Des bouteilles à moins de 20$:
Snow Whites :
Sauvignon blanc Caliterra Reserva valle de Casablanca 2008, 11,95$
Laissez-faire les Kim Crawford et les Fuzion et essayez ça. Du sauvignon blanc en cuve inox (donc pas de trace de bois à l'odeur) acéré, vif et plein d'agrumes, vous en aurez vraiment pour votre fric.
Allegrini Soave 2007 16,95$
Quand vous aurez compris que trop, c'est comme pas assez, vous saisirez l'élégance de ce vin. Pas trop acide, pas trop parfumé. Bien équilibré. Buvez-le frais mais pas trop froid.
Pinot grigio Santa Margherita Valdadige 2007 17,85$
Un vin d'été par excellence. Délicat mais vif. Vraiment bien fait. Buvez-le glacial.
Riesling Pacific Rim Washington 2006 18,75$
Je ne suis pas un partisan des vins américains mais Bonny Doon sait faire du vin. Buvez-le froid mais pas trop froid, comme ça, les arômes seront plus explosifs.
Bloody Reds :
Meia Encosta Dâo 2007 10,40$
Pour le prix, c'est vraiment très bien. Un vin de rescousse solide, charpenté, tannique (qui arrache) à trainer avec soi, de préférences en nombre pair, si vous débarquez dans un barbecue improvisé.
L'Orangerie de Pennautier vin-pays Cité de Carcassonne 2007 13,50$
Son prix a légèrement augmenté et sa qualité a légèrement dépréciée mais en matière de Cabardès, ce petit vin de semaine est très bien fait. Du fruit noir mûr à mur (...!) et des tannins pas trop insistants. Donc même après deux bouteilles, vous n'aurez pas les dents noires le lendemain matin.
Michele Chiarlo Le Monache Monferrato 2006 15,85$
Rapport qualité prix exemplaire. Mais il est rare. Il arrive avec les vins italiens au début du printemps et disparaît des étagères en moins de deux mois. Du Merlot, du Cabernet (deux raisins majoritairement utilisés dans les Bordeaux) assemblés avec du Barbera (un raisin absolument italien). Superbe assemblage. À boire avec un steak pas trop poivré ou un spaghetti meatballs.
Belleruche Côtes du Rhône 2006 16,95$
Si vous avez un Côtes du Rhône à acheter, le voilà. Valeur plus que sûre. Pourrait se détailler à 4 ou 5 piastres plus cher. Mais non.
Pinot noir Sherwood Estate Marlborough 2007 17,25$
Rarement vous allez me voir vanter des vins du Nouveau Monde. Mais celui-là est particulièrement correct et quand même abordable. Juste assez épicé et juste assez robuste. Attention, rien à voir avec les Pinots noirs de Bourgogne.
Les Sorcières du Clos des Fées Côtes du Roussillon 2007 20,00$
Ça c'est de la bombe. Pour ceux qui veulent des vins charnus et costauds. Mais là, costauds sans créatine ou succédané de protéine. Du muscle sain et bien travaillé.
Le Régal du Loup Minervois 2007 20,85$
Je défonce de huit dixième et demi le budget proposé. Voilà ma découverte de l'été dernier. Assemblage de raisins grassouillets et caractériels (Syrah, Carignan et Grenache), c'est un must du vignoble du Loup Blanc (une propriété toute québécoise).
Comme tous les Minervois, vous le déboucher et ça sent la viande saignante. Un vin pour carnivore.
Rosés?:
Majolica Rosé Cerasuolo Montepulciano d'Abruzzo 2008 14,55$
Porté sur le fruit, juste assez sucré. Troquez-le contre votre Gallo de service.
Roseline Prestige Côtes de Provence rosé 2008 15,70$
Un rosé gris, moins sur le fruit, plutôt dans l'élégance. Clanche certaines bouteilles à 18-20$
Vin Gris de Cigare Californie rosé 2008 20,00$
Il ne cesse de l'augmenter. Je crois qu'il a atteint le plafond de son rapport qualité prix. À 20,00$, il vaut encore ce qu'il coûte. Un vin constant et bien fait.
- »Permalink
- 4 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
Rénovations
Mon activité éditoriale est au neutre depuis plus d'un an. Je pense que la non-édition est une ligne éditoriale qui me sied mieux par les temps qui courent. Tout me déçoit et me déplait. Je me fais souvent penser aux gérants d'estrades qui s'imaginent pouvoir faire mieux que le coach d'un club de hockey professionnel.
J'ai revampé l'allure du blogue car deux choses m'agaçaient. Premièrement, il était temps de changer les couleurs. Et tant qu'à les changer, aussi bien les enlever. Deuxièmement, il fallait changer de titre. L'aventure du Porte-Abîme s'est terminée en 2006 et, mis à part un bon nombre d'échecs et de déceptions, rien ne l'a succédée. Donc aux poubelles «Le Porte-Abîme et sa succession».
Pourquoi l'hyperpresse? Parce que je n'imprime plus que sur pixel. Pourquoi mercenaire? Parce que je vends maintenant mes services d'éditeur à qui saura me payer ce qu'ils valent vraiment.
Mais ça n'arrivera pas. Le salaire de la littérature n'est pas monétaire, il est tout juste symbolique. J'ai longtemps cru que la littérature était une chose vraiment importante, tellement importante qu'il fallait l'aborder, la travailler, l'éditer avec un sérieux imperturbable. Je pense qu'on a longtemps rit dans mon dos. Rien qu'à voir la gueule des étudiants qui sont en lettres, rien qu'à vous pointer dans un 5 à 7 littéraire, dans un lancement de livre, dans une soirée de poésie, de lectures, rien qu'à observer tout ça pour voir que tout le monde s'en fiche. Et j'emploie «tout le monde» dans le sens de «tout le monde dans le milieu».
Le vers est dans la pomme. Faut jeter la pomme.
- »Permalink
- 2 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
I'm in
Je suis aux côtés de :
Josiane Ferron,
Daniel Rondeau,
Alexie Morin,
Raymond Bock,
Reine Laurence,
Véronique Cyr,
Marie Deschênes,
Philippe Jean Poirier,
Alice Méthot,
Dany Leclair,
Julie Lacasse,
Léa Gagnon Smith,
Sylvie Plessis-Bélair,
Mélissa LeBlanc,
Annie Cloutier,
Vidoc,
Jean-Philippe Tremblay,
Manon Pépin,
Claire de Viron
et Jean-Paul Daoust
dans le Moebius sur l'espérance de vie, dirigé par Patrick Brisebois. C'est ma première publication hors-fanzine. J'ai fignolé une petite histoire cyberpunk pour l'occasion. Merci à Patrick de m'avoir tendu la perche.
- »Permalink
- 2 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
Lectures 2008
Je vous improvise un petit palmarès des lectures que j'ai le plus appréciées cette année.
1-Clive Barker, Imajica (tel qu'indiqué dans la note précédente);
2-Neil Gaiman, American Gods (tel qu'indiqué dans un paquet de notes):
3-Julio Cortàzar, Les Armes secrètes (surtout pour la nouvelle intitulée Les portes du ciel et aussi pour celle qui termine le recueil, inspirée de la vie de Charlie Parker);
4-Philip K. Dick, Au bout du labyrinthe (pour la paranoïa et le cauchemar qui en suinte);
5-Henry Miller, Tropique du Cancer (mon premier Miller, la découverte d'un monument);
6-Gérard Bessette, Le libraire ( suggestion appréciée)
7-Gustave Flaubert, Salammbô (pour sa violence, sa barbarie et son côté épique);
8-Jean Giono, Pour saluer Melville (un auteur trippant qui parle d'un autre auteur trippant);
9-James Joyce, Dedalus (première rencontre avec un des premiers jazzmen littéraire);
10-Alain Robbe-Grillet, La Jalousie ( expérience intéressante avec le nouveau roman).
Hors-catégorie:
Edouard H. Bond, Prison de poupées (premier roman-B de Ed, tellement bien réussi qu'il a su foutre la marde dans' fanne avant même qu'il soit sur les rayons);
Sébastien Chabot, Le Chant des mouches (mon premier Chabot, 150 pages tricotées serrées & poivrées d'un imaginaire matapédien morbide mais délicieux);
Pascal Durand & Anthony Glinoer, Naissance de l'éditeur (excellent ouvrage sur l'apparition de l'éditeur au 19ième siècle);
Martin Ouellet, L'Abîme du bétail (dernier épisode des expériences poétiques de Martin, oeuvre mure et digne d'un poète aguerri).
Bonne année à tous!
- »Permalink
- 1 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:Journal de production
Imajica
Ma première rencontre avec ce livre remonte à la fin de 2001, lorsque je venais tout juste de rentrer au Misto. Alors que je soupais dans le staff room, Bradley, le garde-manger, bouquinait en terminant son repas. Je lui ai demandé ce qu'il lisait. Imajica, il m'a dit. Je lui ai demandé de quoi il s'agissait. Cherchant par où commencer, il a conclu que c'était trop compliqué pour le résumer.
Ma deuxième rencontre avec ce livre est survenue lorsque Martin Ouellet m'avait confié que quiconque voulait écrire du fantastique se devait de connaître Clive Barker. Je lui ai alors demandé de me nommer son œuvre maîtresse ou bien une de ses œuvres les plus pesantes. Imajica, il m'a dit.
Ce livre, je me le suis acheté sur amazon.ca, parce que premièrement, il est plutôt difficile à dénicher en librairie, parce que deuxièmement, il est beaucoup trop long pour le louer à la bibliothèque et parce que troisièmement, c'est le genre de livre qu'il faut posséder car celui-ci -le livre - nous possède pour toujours.
Je l'ai terminé en sortant d'un bus et je me suis servi d'un réverbère pour éclairer les dernières pages.
Si American Gods de Neil Gaiman m'avait jeté à terre, Imajica de Clive Barker m'a empêché de dormir la nuit; le génie surgissant de cette œuvre me mordillait incessamment l'esprit.
Clive Barker reprend la plus ancienne histoire du monde, le dénominateur commun de toutes les intrigues, le récit des récits et réussit avec adresse et génie à le réinventer en nous soufflant dessus un roman tempête, un roman fleuve bouillonnant d'imagination.
Je me sens encouragé par l'attitude de ces romanciers qui assument absolument leur imaginaire et qui refusent d'aller puiser dans les banques de symboles que le courant fantastique (et tous ses dérivés) ont amassé depuis Maturin, depuis Lewis.
Nulle part dans leur œuvre, ils ne cherchent à se justifier, ne cherchent à tisser entre les rives parallèles (celles de la « vraie » littérature et celles de la « para » littérature, qui sont toutes deux, quant à moi, la gueule et la queue d'Ourobouros) un quelconque lien, une quelconque structure de pont.
Le seuil entre les réalités est si trouble, si insidieux, que l'étrangeté n'en est que plus délicieuse. On doit en fait constater que ce seuil est inexistant, qu'il n'y a pas de réalités parallèles, mais qu'une seule réalité très mal explorée.
Lisez-le, c'est probablement un des romans les plus importants des années 90.

- »Permalink
- 6 Comments(0
) - Posted by:HellRider
- in:États d'âme